Les effets du stress sur notre cerveau

11/08/2020


Le stress, ce gros mot qui nous donne des brûlures d'estomac rien que d'y penser ! Si certains parlent de bon stress qui stimule la productivité, d'autres se noient allègrement dans cet océan d'angoisse. Tout notre corps est impacté d'une façon ou d'une autre par le stress, mais une région est particulièrement concernée : le cerveau ! Nous allons donc essayer de comprendre comment le stress agit concrètement sur notre cerveau et quelles conséquences cela peut avoir ?

#1 Le stress, c'est quoi ?

Il faut savoir tout d'abord que le terme "stress" est introduit en médecine en 1936 par le Docteur Hans Selye, endocrinologue à l'Institut de Médecine et de Chirurgie Expérimentale du Canada. Ce véritable pionnier des études sur le stress associe pour le définir la physiologie à la psychologie : « Agression de l'organisme par un agent physique, psychique, émotionnel entraînant un déséquilibre qui doit être compensé par un travail d'adaptation ; agent qui agresse ; tension nerveuse, contrainte de l'organisme face à un choc (événement soudain, traumatisme, sensation forte, bruit, surmenage) ; état d'une personne soumise à cette tension ».

Une enquête réalisée en 2017 par OpinionWay révélait qu'un Français sur deux se sentait stressé. On parlerait même de mal du siècle ! Si le stress est vieux comme le monde et que nos ancêtres préhistoriques balisaient déjà sévère devant les défenses d'un mammouth en chasse, un homme en 2020 peut bondir de stress rien qu'en entendant son patron l'appeler à l'autre bout de l'open space. Même une sonnerie de téléphone peut s'avérer être un gros facteur de stress au quotidien.

Et pourtant, le stress est aussi quelque chose de nécessaire pour notre organisme. Et ce, grâce à la sécrétion du cortisol et de l'adrénaline qui nous envoie de l'énergie pour faire face aux situations stressantes. Il nous protège en quelque sorte du danger. C'est une alerte, un rempart qui nous permet de fuir face à un gros coup de pression. Le souci, c'est quand le stress est excessif ou présent de façon constante. En gros, si le stress devient chronique, il peut avoir de vrais effets néfastes sur le cerveau.

#2 Trop de stress nuit au cerveau

83 % des Français estiment que le stress a des conséquences sur leur santé. Selon eux c'est d'abord sur le sommeil que le stress agit (pour 54 % des gens), puis sur le comportement (40 %) et enfin sur la vie de famille ou la vie de couple (26 %). Mais le stress a aussi une incidence sur le cerveau. Bons nombres d'études neuroscientifiques ont prouvé que le stress chronique affectait l'hippocampe, le cortex préfrontal et l'amygdale. Trois drôles de mots certes, mais qui ont une importance fondamentale, on va le voir.

Donc Kesako ? Les stimuli (impulsions répétées pour provoquer la réaction d'un organe) atteignent principalement les aires du cerveau impliquées dans les émotions et dans la coordination à travers ces trois zones au nom barbare.

L'amygdale, est la partie de votre cerveau proche de l'hippocampe qui agit sur la perception et le ressenti des émotions. Ça a un impact primordial sur vos réactions face au stress et la façon dont vos émotions vont se traduire. Lors de périodes dépressives et stressantes, l'amygdale voit son fonctionnement perturbé ce qui provoque irritabilité, hypervigilance, angoisse, et parfois mêmes des réactions de sidération. On peut être totalement paralysé par ce stress.

L'hippocampe quant à lui participe à la régulation de l'humeur, l'acquisition des connaissances et à la capacité d'adaptation à un environnement. Plus les périodes de stress durent, plus le volume de l'hippocampe diminue. Chez des personnes dépressives, cela peut ainsi expliquer des troubles de la mémoire.

Pour finir, sur ces zones très précises du cerveau, le cortex préfrontal qui est situé dernière le front, est le centre de la prise de décision, la clé de voute de notre sang-froid qui nous permet face à un grand moment de stress de trancher et de ne pas se laisser submerger. Les personnes soumises à un stress chronique verraient une diminution de volume de la substance grise, présente dans le cortex préfrontal ce qui entraîne bien sûr, une difficulté à prendre des décisions et à contrôler ses émotions.

#3 Alors comment se prémunir face au stress ?

Selon la Fédération pour la Recherche du Cerveau (FRC), « la capacité d'adaptation à la situation stressante est intimement liée à la personne, son expérience, sa mémoire, son état de santé, sa perception de la situation. La gestion du stress doit donc être individualisée. La ligne commune pour contrer les effets néfastes du stress, réside dans l'action. L'activité va permettre de détourner l'agressivité, la frustration. L'activité peut être physique ou psychique. »

Pour anticiper une implosion face au stress, il faut donc encore mieux apprendre à se connaître pour définir ses propres limites mais aussi savoir agir face aux situations de crises. Donc pour gérer son stress, on écoute son corps et son coeur pour réussir à analyser quand la coupe est pleine, et ce, avant qu'elle ne déborde façon grandes eaux ! Il faut comprendre que le stress fait office de disjoncteur mais que s'il y en a trop, c'est tout le système électrique qui pète !

Pour cela, la FRC parle de trois axes :

  • Apprendre à reconnaitre les agents stressants qui nous entourent (perception individuelle)
  • Comprendre nos réactions face aux agents stressants
  • Trouver une activité « canalisatrice de stress » correspondant à chaque agent stressant

L'activité peut se traduire par la relaxation mentale ou physique, le sport, la musique ou encore le dessin... Bref, tout ce qui vous relaxe en profondeur et vous permet d'évacuer.

Vous l'aurez compris, si c'est à petite dose, le stress est utile pour activer des mécanismes de défenses et de réaction. S'il devient chronique, il a des effets néfastes sur la santé et notamment sur le cerveau. Il convient donc de savoir écouter son corps pour anticiper les effets nocifs du stress. Alors, on apprivoise son stress et on laisse son cerveau tranquille !